Depuis plusieurs années, installations, photos, dessins explorent les états psychiques qui naissent au contact de certains objets, lieux ou matériaux. Trafiqués, déroutés, acculés, ceux-ci instaurent des situations de danger inversées où le faible déstabilise le fort et où les sensations de menace et de protection peuvent basculer.
La dimension physique de mon travail est importante, tout autant que la part mentale qu’il nécessite dans sa réalisation et à laquelle il convie le spectateur. Le corps n’est que très rarement représenté, plutôt utilisé dans ses matières ou évoqué dans ses structures et fonctionnements.
L’humour, des incongruités génératrices de sens et parfois un certain goût pour l’absurde s’en mêlent, se jouant des thématiques plutôt dures qui ont pu apparaître, telles l’aphasie, l’étouffement ou la paralysie.
Mes matériaux sont hétéroclites, plumes de pigeons, asticots de pêche, bouteilles en verre, pulls en laine tricotés main, confettis usagés, tous types d’attaches et de liens, photos d’appartements vides, ... mais chacun ont en commun d’être placés et travaillés en questionnant leur rapport à la multitude et à l’unité, à la cohésion, aux rapports du plein et du vide, à l’énergie qui traverse, qui relie, qui transforme, à la notion d’espace vital, à l’enfermement ou au dénouement, au déploiement, à l’envol.
Les rapports d’inclusion dans un espace et les relations des installations avec leurs lieux hôtes, la manière dont elles en émanent et dont elles en sortent ou les excèdent ont progressivement pris de l’importance, jouant avec l’architecture comme avec les habitudes de passage et l’histoire des lieux.
Julie Legrand







